Partenaire du concours IdFood, Food District prodigue au quotidien des conseils et un accompagnement aux entrepreneurs de l’agroalimentaire francilien. En ces temps de crise, Franck Manifacier, le PDG de l’incubateur, conseille à ces derniers de s’inscrire dans les tendances fortes que sont le local, bio et le naturel.

Franck Manifacier

Quel est le rôle de Food District ?

"Nous accompagnons les porteurs de projet dans l’agroalimentaire, dans toutes les étapes de croissance, de la conceptualisation de la marque, en passant par la recherche et développement en laboratoire, jusqu’à ce qu’elle soit commercialisée. La moyenne d’âge des entrepreneurs que nous suivons est de 27 ans. Ils ont souvent une faible expérience professionnelle, nous les aidons à muscler leur argumentaire pour leur développement commercial ou lors de la levée de fond."

Comment accompagnez-vous les porteurs de projet en innovation alimentaire ?

"Nous avons plusieurs experts métiers en interne et des partenariats avec des laboratoires performants, des logisticiens pour le transports, des agences de design pour l’activation des marques, des fonds agroalimentaires pour les aspects de financements., etc. Pour les aspects techniques, on oriente les porteurs de projet vers nos partenaires qui vont leur proposer des conditions tarifaires intéressantes. On suit une vingtaine de marques en permanence. Le coaching dure de 6 mois à 18 mois, jusqu’à la validation commerciale du concept afin de l’aider à pénétrer le marché et surtout d’y rester. Le choix des dossiers se fait à 50% sur la qualité des dossiers et à 50% sur l’histoire des entrepreneurs qui les présentent. Pour les bienfait du projet, il faut que l’aspect humain corresponde également avec ce dernier."

Avec les événements récents comme la crise sanitaire liée au Covid-19, quelles sont les tendances qui se dessinent ?

"On a de moins en moins de mouvements éphémères, qui durent un été mais plus de tendance de fonds comme une hausse de la demande des clients pour consommer local, le phénomène flexitarien qui prend de l’importance ou le bio, même si cela fait 15 ans que cela existe.Les tendances véganes et sans gluten sont présentes, mais restent des discours noyés dans la globalité. Depuis l’apparition du Covid-19, on sent un mouvement très fort autour de la transparence du produit. Les consommateurs veulent savoir de quoi il est constitué, savoir ce qu’ils mangent quand ils achètent un produit."

Pouvez-nous évoquer les récompenses que vous allez offrir aux 5 lauréats du concours IdFood ?

"Pour Food District, c’était une évidence de faire partie du concours IdFood. Le monde de l’agroalimentaire et de la foodtech sont deux univers assez petits où les différents acteurs se côtoient régulièrement. Il faut être attentif aux tendances et évolutions rapides du marché du food service. Ce type de concours permet d’être à l’écoute, de nourrir ses idées et d’alimenter notre savoir-faire, nos compétences et notre crédibilité. Nous allons offrir aux finalistes un accompagnement sur les expertises métiers que l’on maîtrise bien. Selon la typologie des produits, on pourra également les présenter à des grands distributeurs."

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui innovent dans le domaine agroalimentaire ?

"Ce serait plutôt un conseil lié à la période : pendant les prochaines années, les consommateurs n’auront pas besoin d’innovation de rupture, mais de développer des produits qui améliorent leur alimentation. Tout le monde veut sortir des produits innovants, disruptifs mais il faut se concentrer sur les tendances du moment, leur permettre de s’installer. On va avoir besoin d’avoir du local, du bio, du naturel, des produits moins sucrés et moins gras."